Le mot de l’ambassadrice : France et Hongrie depuis toujours… [hu]

Trois figures de l’exil : Victor Hugo, Sándor Teleki, Lázár Mészáros

Depuis toujours la France et la Hongrie ont de multiples liens, notamment dans le domaine culturel. C’est ainsi qu’au XIXe siècle, l’un des écrivains français les plus célèbres, Victor Hugo, avait noué une grande amitié avec le Comte Sándor Teleki et le général Lázár Mészáros lors de leur exil commun sur la petite île de Jersey.

Mus par leurs idéaux politiques révolutionnaires et proscrits par le pouvoir, les trois hommes quittèrent leurs terres natales pour rejoindre à Jersey les opposants à plusieurs régimes politiques européens - Polonais, Italiens, Hongrois et Français. Victor Hugo arrive sur l’île en 1852, après un passage à Bruxelles et à Londres. Il s’oppose farouchement à Napoléon III qu’il tente de vaincre avec sa plume. Afin de faire souffler le vent de la révolte, il publie d’abord « Napoléon-le-petit » puis en 1853 « les Châtiments ». A l’époque, il s’inquiète notamment de ce que la Hongrie et l’Italie prennent les armes sans la France. Victor Hugo était un fervent admirateur de l’homme d’État Kossuth Lajos et semblait prédestiné à nouer des liens avec les autres figures politiques de la lutte pour l’indépendance hongroise. Cependant, faute serait de croire que leur amitié se bornait à la politique. Teleki et Mészáros avaient fui les condamnations, passant par la France, l’Angleterre et la Turquie avant de faire route pour Jersey où ils tentèrent, avec les autres proscrits, d’inverser les tendances politiques de leur pays. Mészáros ne resta pas longtemps à Jersey, mais ce peu de temps lui suffit à se rapprocher de Victor Hugo. Le Comte Teleki resta plus longtemps et devint vite complice de notre Français. Il lui offrit son manteau, son chien, une ceinture, et même un morceau de la prison de Socrate. Tant d’attentions qui lui valurent d’être souvent invité chez les Hugo, y compris plus tard, lorsqu’ils partirent à Guernesey (île voisine) en 1855, expulsés de Jersey. Charles, le fils de Victor Hugo, et Auguste Vacquerie, l’un de ses plus fidèles amis, s’adonnaient à la photographie et appréciaient particulièrement les Hongrois comme modèles. Quelques clichés de 1853 les mettent en scène : Teleki, drapé dans son vêtement de paysan hongrois, Mészáros, dans sa robe de sultan ou aux côtés de Victor Hugo. Ces photos témoignent des liens forts entre les proscrits Hongrois et Victor Hugo, car poser sous l’objectif familial était un privilège généralement réservé au seul…Victor Hugo !

Dernière modification : 14/01/2019

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