Le mot de l’ambassadrice : France et Hongrie depuis toujours… [hu]

Ferenc Liszt, ami de la France

Ferenc Liszt découvre la France en 1823, à l’âge de douze ans, quand il se présente au Conservatoire de Paris. Son dernier passage a lieu quelques jours avant sa mort, en 1886. Soixante-trois années durant, il nourrit une véritable passion pour la France, où il entretient des amitiés intenses. Les liaisons artistiques - avec Hector Berlioz, Georges Sand et Alfred de Musset entre autres - se mêlent aux relations amoureuses, comme celles avec Caroline de Saint-Cricq et Marie d’Agoult.

Les évolutions politiques ne manquent pas non plus d’attirer son attention, notamment à partir de la révolution de Juillet. Sa rencontre avec Félicité-Robert de Lamennais contribue aussi à faire naître en lui le goût de l’engagement, un prélude aux concerts caritatifs qu’il donnera en faveur des patriotes hongrois.

S’il aime Paris - où il a notamment vécu une partie de sa jeunesse - sa tournée de 1844 l’amène aussi à découvrir le sud de la France : Lyon, Marseille, Toulon, Montpellier, Nîmes, Toulouse, Bordeaux etc. Sa nomination à Weimar, en 1849, ne l’empêchera pas de revenir régulièrement en France par la suite.

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Plaque commémorative à Paris

La renommée française de Ferenc Liszt traverse les régimes successifs. Il est ainsi nommé Chevalier de la Légion d’honneur par Louis - Philippe, le « roi - citoyen », le 27 avril 1845, dans la même promotion qu’Honoré de Balzac et Ambroise Thomas. Le 22 avril 1860, il reçoit les insignes d’officier des mains de Napoléon III, empereur des Français.

Sous la IIIème République, les salons l’accueillent avec les égards dus à un prince. A titre illustratif, le lundi 22 mars 1886, Mihály Mukacsy invite plus de cinq cents personnes dans son hôtel parisien afin de célébrer son compatriote en visite. Le corps diplomatique, les personnalités politiques, les financiers… le tout Paris s’y presse. La description de la soirée dans le Figaro, par Emile Blavet - Parisis, laisse transparaître la ferveur du public : « Mais qu’importait le programme, on était venu pour voir Liszt, on était venu pour entendre Liszt…Et après l’avoir vu, on a voulu l’entendre ! … Alors le vieillard, comblé de cette ovation impérieuse, s’est mis au piano… » La plus grande marque de reconnaissance réside peut-être dans les nombreuses caricatures dont Ferenc Liszt a fait l’objet dans les journaux, signe d’un intérêt réel dans un pays qui cultive la satire comme un art à part entière.

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Extrait d’une caricature parue dans La Vie parisienne, en 1886

L’admiration française pour Liszt n’a jamais cessé, comme l’illustre le succès des célébrations du bicentenaire de sa naissance, en 2011, en France.

Dernière modification : 25/03/2019

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