Le mot de l’ambassadrice : France et Hongrie depuis toujours… [hu]

Robert Schuman, « père de l’Europe » et ami de la Hongrie

JPEG - 31.7 ko
Robert Schuman, « père de l’Europe » et ami de la Hongrie

Robert Schuman, ancien ministre des affaires étrangères, célèbre pour son rôle de père fondateur de la construction européenne, a eu une influence notable dans les relations diplomatiques franco-hongroises.
Dès 1919, alors qu’il est membre de l’Assemblée Nationale, Robert Schuman s’intéresse aux traités passés par la France au lendemain de la Première Guerre Mondiale. Il a une vision assez critique du Traité de Versailles et le qualifie de menace pour la paix en Europe. Sensible aux questions des minorités nées de ce redécoupage des frontières, Robert Schuman se rend à trois reprises en Hongrie dans les années 1930 pour mieux comprendre la situation politique et économique. Durant ces voyages, il a l’occasion de rencontrer des membres éminents du gouvernement hongrois. Lors d’un voyage non officiel en 1934, il s’entretient avec le gouverneur Miklós Horthy et le président du conseil Gyula Gömbös, ainsi que Laszló Almássy, alors président du parlement.

Ces visites vont durablement marquer sa vision de la politique étrangère française en Europe centrale. Robert Schuman va particulièrement s’intéresser à l’Autriche et à la Hongrie, car il voit dans un rapprochement avec ces deux pays un moyen de « freiner l’expansionnisme de l’Allemagne nazie vers l’Europe Centrale et Orientale ». Ils vont donc devenir essentiels dans la politique étrangère de la France.

Les trois voyages qu’il a effectués en 1948 à Budapest et en Europe orientale vont fortement influencer la politique qu’il mènera en tant que ministre des affaires étrangères. Tout en condamnant fermement l’idéologie communiste, Robert Schuman prône le dialogue et la coopération entre la France et la Hongrie. Cependant, en dépit de ses efforts, les relations diplomatiques franco-hongroises ne vont pas résister à la Guerre Froide. Pour autant, comme le conclut Gergely Fejérdy, « le Père de l’Europe a gardé toute son amitié pour la Hongrie et les Hongrois ».1

1 « Une relation oubliée : Robert Schuman et la Hongrie », article publié le 10 janvier 2005 in Supplément à la Lettre de la Fondation Robert Schuman n°194

Dernière modification : 17/06/2019

Haut de page