Le mot de l’ambassadrice : France et Hongrie depuis toujours… [hu]

Un tableau de Dezső Czigány vendu à Paris

Il est suffisamment rare qu’un tableau hongrois important passe sur le marché de l’art parisien pour que le fait mérite d’être signalé. Le 2 juillet, dans une vente d’art moderne à Drouot, l’on remarquait une nature morte de Dezső Czigány, bel exemple de la production de l’artiste pendant son séjour parisien, vers 1905-1909 où il étudie à l’académie Julian et expose au salon des indépendants. Il y assimile, comme Béla Czóbel, présent au même moment à Paris, les leçons de Matisse et Derain tout en développant un style propre, reflet d’une sensibilité vive et inquiète.

La nature morte de fruits, carafe et verres proposée à la vente le 2 juillet porte bien la marque des fauves, avec un contrepoint violent entre l’orange-rouge des fruits et de la liqueur, et le vert turquoise de l’assiette et des objets en verre, sur un fond noir qui fait vibrer les couleurs. Arrivé à Paris dans un ensemble constitué par un collectionneur polonais, selon l’expert de la vente, ce beau tableau a été adjugé à un prix 10 fois supérieur à celui auquel il était initialement estimé.

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On rattache parfois Czigány aux fauves hongrois, aux côtés d’artistes comme Lajos Tihanyi ou Róbert Berény et c’est sous ce titre qu’une exposition leur a été consacrée en 2009 au musée de Dijon. En 2014, une exposition au musée d’Orsay a mis en relation ces peintres et la musique de Béla Bartók. De façon plus large, Czigány se rattache au cézannisme européen, qui témoigne de la très large influence, et presque de l’hégémonie de Cézanne sur la peinture européenne autour des années 1910.

L’œuvre de Czigány nous rappelle l’intensité des liens artistiques entre la Hongrie et la France à la veille de la première guerre mondiale. Il faut souhaiter que de nouvelles expositions fassent davantage connaître les artistes hongrois de cette période au public français.

Dernière modification : 28/08/2020

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