Le mot de l’ambassadrice : France et Hongrie depuis toujours… [hu]

Le culte de Saint-Martin, un héritage spirituel et historique commun à la France et à la Hongrie

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Basilique saint Martin à Tours :
En bas, Charlemagne vient à Tours se placer sous la protection de saint Martin. Au centre, le moine Alcuin se prosterne devant le tombeau du saint pour que s’arrête le feu qui menace la basilique. En haut, la châsse du saint est mise en lieu sûr à Chablis pendant les invasions normandes au Xe siècle avant de revenir à Tours.

Martin de Tours, dit aussi le Miséricordieux pour avoir partagé son manteau avec un déshérité alors qu’il se trouvait en garnison aux portes d’Amiens, est l’un des saints patrons de la France. Martin est un patronyme courant en France et 485 localités et 3700 églises portent son nom. En Hongrie, la figure de Saint-Martin a aussi son importance, comme l’ont rappelé les célébrations du 1700ème anniversaire de sa naissance, en 2016.

Il serait né en 316 à Sabaria (Savarie), l’actuelle Szombathely, alors l’un des chefs-lieux de la province romaine de Pannonie où servait son père, tribun de l’armée romaine.
En Hongrie, plusieurs Eglises sont dédiées à Saint-Martin et d’après la légende, il serait né à l’emplacement actuel de l’église Saint-Martin de Szombathely où sont conservées trois précieuses reliques de l’évêque de Tours, dont un os de son crâne.

Il joua un rôle essentiel dans l’évangélisation de la France et d’une partie de l’Europe.
Le jeune Martin, bien qu’attiré très tôt par la foi chrétienne qui commençait alors à essaimer dans l’Empire, intégra l’armée comme son père. Après son baptême vers 339, il quitte définitivement ses fonctions militaires pour se placer au service de Saint-Hilaire, évêque de Poitiers. Il fonde un ermitage puis conduit de nombreuses campagnes d’évangélisation au cours desquelles il prêche les païens. Au cours de l’un de ses voyages, il parvient à retrouver sa mère et la convertit à son tour. Après avoir développé les premiers monastères en Europe et être devenu évêque de Tours, il s’éteint en 397 à Candes-Saint-Martin.

Très vite, Saint-Martin est érigé en protecteur de la royauté franque - mérovingienne puis carolingienne. A ce titre, à la suite de sa victoire contre les Avars en 791, Charlemagne se serait rendu à Sabaria pour y honorer le lieu de mémoire du Saint, contribuant à en implanter le culte dans sa ville natale. Autour de l’an mil, lorsque les Hongrois installés un siècle plus tôt dans le bassin des Carpates se convertissent au christianisme, le culte de Saint-Martin se développe. C’est ainsi que Saint-Étienne partit au combat contre son cousin païen sous la bannière de Saint-Martin (comme le faisaient les rois francs), et consacra l’abbaye de Pannonhalma en l’honneur du Saint. Après la défaite de Mohács en 1526, le château et la cathédrale de Saint-Martin y accueillent le pouvoir royal, transféré à Presbourg, Pozsony en hongrois (actuelle Bratislava).

Aujourd’hui, Tours et Szombathely sont reliés physiquement par la Via San Martini, l’un des quatre chemins de Saint-Martin reconnu itinéraire culturel du Conseil de l’Europe en 2005, tant l’héritage de Martin de Tours a marqué non seulement nos deux pays mais aussi l’ensemble du continent européen. 2553 kilomètres que les courageux parcourent à pied, à travers la Hongrie, la Slovénie, l’Italie et la France !

Dernière modification : 28/09/2020

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