Mot de l’Ambassadeur (10 juillet 2017) [hu]

Le 4 avril 2017, une attaque chimique avait lieu en Syrie. Trois mois plus tard, plusieurs Etats, dont la France et l’Allemagne, ont choisi de prendre leurs responsabilités. Elles ont présenté une déclaration qui réaffirme des principes essentiels et condamne l’emploi d’armes chimiques en Syrie ou ailleurs. Nous espérons qu’un maximum d’Etats soutiendront cette position à l’occasion du conseil exécutif ordinaire de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) qui se tiendra du 11 au 14 juillet.

Rappelons qu’en adhérant en 2013 à la Convention d’interdiction des armes chimiques, la Syrie s’est engagée à ne plus utiliser ce type d’armes et à détruire son stock. Elle s’est également engagée à la transparence complète sur son programme chimique passé. Depuis cette date, toutes les missions indépendantes de vérification diligentées par les Etats parties à l’OIAC ont souligné les nombreuses incohérences et zones d’ombre sur ce qu’elle avait déclaré. La Syrie a dissimulé des stocks d’armes chimiques en violation de ses engagements.

Par ailleurs, il a été démontré que la Syrie a continué d’utiliser des armes chimiques sur son territoire de manière systématique entre 2014 et 2017, contre sa propre population. Les rapports de la mission d’établissement des faits de l‘OIAC attestent de ces emplois. Le mécanisme d’enquête conjoint des Nations-Unies a attribué de façon certaine trois attaques au chlore au régime syrien. D’autres témoignages confirment des attaques par l’armée syrienne et l’emploi de produits toxiques différents, en particulier du chlore.

La Syrie n’a eu de cesse de nier sa responsabilité dans l’utilisation de ces armes inhumaines. Elle refuse de coopérer pleinement avec les mécanismes d’enquête, qu’il s’agisse des enquêtes des Nations-Unies et de l’OIAC sur les allégations d’emplois d’armes chimiques, ou l’équipe d’évaluation de sa déclaration initiale.

Le fait qu’un Etat viole un régime d’interdiction d’utilisation d’une arme de destruction massive auquel il a adhéré doit être sanctionné. La Convention d’Interdiction des Armes Chimiques est le seul accord interdisant toute une catégorie d’armes et mettant en place un mécanisme de vérification complet. Il reste l’un des piliers de l’architecture internationale de sécurité. Ses Etats parties ont le devoir de le préserver et de tirer toutes les conséquences d’une violation de cette norme essentielle, fait unique depuis qu’elle a été endossée de façon quasi-universelle.

Aucune impunité ne saurait être tolérée sur ce tabou fondamental qu’est l’interdiction d’utiliser ce type d’armes. Il est essentiel que la communauté internationale s’entende au plus vite pour que les responsables de ces attaques à l’arme chimique soient poursuivis et condamnés. Une absence de réaction ne pourrait être interprétée que comme un encouragement à continuer dans cette voie.

Dernière modification : 11/07/2017

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