Mot de l’Ambassadeur (14 décembre 2016) [hu]

De la peinture et des poètes

Une traductrice hongroise me disait que l’académie Nobel aurait dû attribuer son prix de littérature au poète Dezső Kosztolányi, mort assez jeune à l’âge de 51 ans en 1936.

L’auteur du poème « Ivresse de l’aube » commence à sortir de l’oubli en France, grâce à de très bonnes traductions de ses livres, et son nom a été retenu pour désigner le programme de traduction soutenu par l’Institut français.

Voici donc l’occasion de signaler quelques évènements majeurs dans la vie intellectuelle de nos deux pays.

Le premier se déroule en ce moment au musée Petőfi où le public peut plonger dans une sorte d’atelier du traducteur qui permet par exemple de comparer les différentes adaptations en hongrois de Villon, Rimbaud, Goethe, etc.

Sur la question de la cuisine des mots et de la manière de les accommoder à d’autres sauces syntaxiques, le poète Yves Bonnefoy, décédé le 1er juillet 2016, peut être considéré comme un grand maître. Son œuvre a été traduite ici par Mme Enikő Sepsi et il était logique qu’elle soit là, le 13 décembre, pour le lancement en hongrois du livre à deux voix composé par un poète, Yves Bonnefoy, et un peintre, Alexandre Hollan : « Trente années de réflexions, 1985-2015 ».

Ce travail est une réussite : méditant face aux arbres et naturellement autour d’eux, ces deux artistes ont approfondi la question de l’infini, et ce qu’ils nous donnent à voir et à lire apaise l’âme. Le lecteur éprouve une sorte de sérénité en parcourant les lignes ou les aplats de l’œuvre sobre et réfléchie d’Alexandre Hollan.

S’il a quitté la Hongrie, lui aussi, en 1956 (comme le graveur Grégoire Vince dont on peut aussi admirer deux œuvres dans une exposition consacrée aux artistes hongrois ayant fui Budapest pendant ou après l’insurrection, toujours au musée Petőfi), il y revient régulièrement.

Il y avait foule au club Kossuth pour l’écouter parler, avec Jérôme Thélot, professeur de littérature à l’université Lyon 3, de son dialogue avec Yves Bonnefoy. Cela rassure énormément de savoir qu’autant de gens s’occupent et se préoccupent de peinture, de poésie, d’arbres et de nature.

Joyeux Noël autour d’un arbre.

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Dernière modification : 14/12/2016

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