Mot de l’Ambassadeur (15 mai 2018) [hu]

Le théâtre de la cruauté !

Samedi 12 mai, 19h30 : Nous sommes au théâtre à Budapest, au Vígszínház, l’un des plus beaux théâtres d’Europe centrale, pour voir Hamlet, dans une mise en scène de Enikő Eszenyi, qui dirige cette salle depuis 2009.

Pour ceux qui l’ignorent encore, le Vígszínház est l’une des institutions culturelles les plus en vue à Budapest, qui attire plus de 450 000 spectateurs chaque année.

La performance artistique du tenant du rôle, Attila Vidnyánszky (25 ans) est impressionnante. Servi par le talent du scénographe Csaba Antal, lui-même francophone et habitué des scènes françaises – je me souviens avoir vu et admiré son travail avec Daniel Mesguich dans La Vie parisienne d’Offenbach – il renouvelle le rôle d’Hamlet avec maestria. Cette mise en scène ébouriffante est comme un écho à celle de Fadhel Jaïbi, venu présenter avec le Théâtre national tunisien son spectacle intitulé « VIOLENCE(S) », au Théâtre national le 23 avril dernier. Car de la violence, il y en a partout, et c’est de cette terreur politique et militaire dont nous parlent ces pièces puissantes.

Samedi 12 mai, 22h30 : Encore bouleversés par les performances des acteurs et par la force des scènes dans lesquelles ils nous entrainent, nous sortons dans la rue, où la douceur de l’été provoque une légère ivresse.

Et là, nous apprenons qu’un terroriste a encore frappé la France au nom de la conception du monde la plus absurde qui puisse être imaginée. Ce demeuré mental a frappé un innocent au cœur du quartier des théâtres parisiens, Rue Monsigny, là où vibre depuis l’époque de Jacques Offenbach, encore lui, le Théâtre des Bouffes Parisiens. Mais la cruauté, nous la préférons mise en scène, en boîte, au théâtre, et non dans les rues de Paris.

« Il y a quelque chose de pourri… » disait Shakespeare au début de Hamlet. Puisse-t-il être écouté longtemps… et joué avec autant d’ardeur et de talent.

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Dernière modification : 15/05/2018

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