Mot de l’Ambassadeur (20 mars 2017) [hu]

Soixante ans de libertés !

Alors que nous célébrerons le 25 mars les soixante ans des traités de Rome (signés le 25 mars 1957), il est temps de défendre les acquis de notre Union, bouc-émissaire facile de tribuns des temps modernes qui font dans la gaudriole en se moquant de l’abstraite « Bruxelles ».

Car la lucidité indispensable à l’analyse de cet acquis invite aussi à la fierté. L’Union européenne, c’est cet espace où hommes et idées circulent librement et se rencontrent, où les nations coopèrent et les cultures dialoguent au lieu de s’entrechoquer. Elle est cette force d’attraction pour les investisseurs et les étudiants du monde entier, cette mise en mouvement de valeurs et d’idéaux qui font qu’hors de ses frontières, toujours on l’écoute, et souvent on l’envie.

Aujourd’hui, nous avons perdu l’habitude d’évoquer l’Union autrement que comme la somme des crises, bien réelles, qui la traversent. En ces temps d’anniversaire, ayons pourtant de la mémoire. Souvenons-nous que cette paix durable dont nous profitons ne trouve pas d’équivalent dans l’histoire de notre vieux continent. Rappelons-nous la prospérité que l’Union a permise aux Etats qui ont fait le choix de la rejoindre. Gardons à l’esprit que les droits et libertés qu’elle garantit n’étaient dans certaines régions d’Europe qu’une chimère il n’y a pas si longtemps.

Notre Union mérite donc mieux que critiques et ressentiment. Le « dissensus », bien sûr, est tout sauf inutile. Il vaccine contre la complaisance et l’autosatisfaction. Il permet de régénérer le débat politique et d’échapper au « consensus mou », voire pire, au « consensus permissif » dont parle la science politique à propos des premières décennies de la construction européenne, sorte d’indifférence bienveillante de populations faisant passivement confiance aux experts et aux élites. Les peuples se sont saisis de l’Europe, et c’est pour le mieux ! Alors sachons répondre aux attentes légitimes des citoyens européens, par l’« Europe des actes » à laquelle le président du Parlement européen, M. Antonio Tajani appelait il y a quelques jours : pour reprendre ses mots, « l’Europe doit se réformer, pas s’affaiblir ».

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Dernière modification : 20/03/2017

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