Mot de l’Ambassadeur (7 novembre 2017) [hu]

Deux expositions au moins proposent en ce moment à Budapest une réflexion sur les va-et-vient franco-hongrois en matière artistique au cours du siècle passé.

La première par ordre chronologique d’ouverture concerne l’un des nombreux artistes ayant fui la Hongrie en 1956 et s’étant installé par hasard en France : Zanko Tamás, considéré comme l’un des précurseurs de « l’art de rue », peut être découvert – ou redécouvert – au charmant musée Kiscelli.

Comme chacun sait, la modernité n’est qu’illusion, et Zanko Tamás travaille sur le rapport illusoire au réel. Ses surfaces sont lisses, comme des toiles cirées. Ses peintures semblent découpées dans le temps, comme des clichés qui forcent à se demander si nous sommes bien au monde, au cœur du monde.

La deuxième exposition, dont on ne peut nier l’ambition englobante, vise à couvrir l’étendue des possibles dans la peinture hongroise inspirée par Paris ou simplement produite à Paris. La Galerie Judit Virág présente une quantité impressionnante de chefs d’œuvre de la plupart des grands artistes du début du XXème siècle : Tihanyi János Lajos, Rippl-Rónai József…. Ils sont tous là, au rendez-vous, pour offrir au visiteur – et c’est gratuit – une vision homogène de la beauté, qui ne se dérobe jamais.
Certes, il y a de l’abstraction, et personne ne le regrettera, mais surtout en tant qu’annonce d’une renaissance de la forme et des formes palpables. Car les peintres hongrois, inspirés par la charnelle capitale de la France, ne se privent pas de dévoiler les formes sensuelles du monde, de la femme et des natures (au pluriel).

Ces deux promenades esthétiques, qui viennent juste après la fermeture de l’« Art Market Budapest » et de la FIAC, sont à savourer sans hésitation. Et puisque je n’avais pas eu le temps de signaler la présence de deux galeries françaises à la foire annuelle de l’art, je le fais maintenant, en mentionnant la présence de deux œuvres remarquables de la jeune artiste Noell Oszvald, porteuse d’images très travaillées, à la galerie Opióm, venue d’Opio, en France.

JPEG - 130.6 ko
Noell Oszvald : Untitled. 2014

Dernière modification : 07/11/2017

Haut de page