Mot de l’Ambassadeur (9 avril 2018) [hu]

Toulouse-Lautrec à Salgótarján

JPEG

L’histoire des relations artistiques entre la France et la Hongrie n’a pas fini de nous réserver de bonnes surprises. A condition de s’engager sur les chemins de traverse de nos provinces, il n’est pas rare de dénicher des tableaux, des artistes ou des mécènes peu connus.

Prenons la ville de Salgótarján, célèbre autrefois pour ses mines et toujours reconnue pour la qualité de sa verrerie, mais aujourd’hui un peu en marge des circuits touristiques. Vous y découvrirez, au musée Béla Dornyay, des œuvres de Noémi Ferenczy, qui a appris à tisser à la Manufacture des Gobelins en 1911. Ou des tableaux de János Halápy, qui vécut à Paris entre 1925 et 1928. Mais de façon beaucoup plus inattendue, si vous effectuez ce déplacement d’ici la fin août, vous pourrez découvrir des dessins méconnus de Henri de Toulouse-Lautrec, exposés grâce à la coopération heureuse entre le mécène Kesauri, migrant parmi les migrants, letton d’origine, français pendant un temps, et désormais polonais, et Gabriella Shah, conservatrice du musée.

L’exposition présente des illustrations d’un livre écrit par Georges Clémenceau pour soutenir le Capitaine Dreyfus, et pour lequel il avait souhaité que Toulouse-Lautrec fît des représentations du monde juif, réel ou imaginaire.

Au pied du Sinaï n’a pas marqué les mémoires, et le tirage du livre fut modeste. Il reste que cette plongée dans l’univers graphique d’un illustrateur surtout connu pour ses affiches publicitaires (dont on voit aussi la force dans l’exposition) est troublante.

Je n’oublierai pas l’accueil chaleureux qui me fut réservé par l’équipe enthousiaste de la municipalité de Salgótarján, petite ville hongroise qui a eu l’audace de contribuer seule, avec modestie et détermination, à l’organisation de cet hommage au peintre d’Albi.

JPEG

Dernière modification : 09/04/2018

Haut de page